Les Rebelyons sont dans le Progrès du 01.12.10

«On n’a pas le physique des dieux du stade ! Dans ce calendrier, on cultive le second degré et la dérision. L’idée est de jouer avec les préjugés et de faire des clins d’œil au milieu gay», lance Philippe Alcazar, joueur et trésorier des Rebelyons. Boule à facette et talons aiguilles sont en effet en bonne place dans les mêlées et les lancers en touche sur les photos du calendrier du club créé en 2007.

En début de saison, la trentaine de joueurs a donc joué le jeu de la pose lors des séances d’entraînement le jeudi soir à la Plaine des Jeux des États-Unis. L’idée est née cet été dans le but de fédérer les sponsors qui aident l’association et de récolter un peu d’argent. Et le succès est déjà au rendez-vous. « Sur les trois cents exemplaires édités, il y en a déjà cent réservés », se réjouissait le président, Sébastien Serindat, jeudi dernier, à la veille du lancement officiel le lendemain.

Ce soir-là, ils étaient une vingtaine à s’entraîner. Parmi eux, très peu ont déjà pratiqué. Le choix du rugby s’est fait un peu par hasard. Il vient surtout de leur désir de faire du sport sans secrets, ni faux-semblants. «L’intérêt est de pouvoir pratiquer sans rien laisser dans le placard», juge le secrétaire, Sébastien Corbel. À vingt-quatre ans, le président a d’ailleurs attendu longtemps avant de pouvoir s’essayer à l’ovale. «Je viens d’une famille de rugbymen, mais je n’avais jamais osé intégrer une équipe du fait de ma sexualité.»

Le rugby leur permet également de faire montre de leur savoir-faire dans le domaine de la fête. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si des bars et des boîtes de nuit figurent en bonne place parmi leurs partenaires. «On est très forts lors de la 3e mi-temps, rigole le président. Mais on a plus de mal lors des deux premières…»

Après avoir débuté à VII, ils se sont essayés au XV lors du printemps dernier à l’occasion de la «Binhgam Cup» à Minnesota. Seule équipe française présente, les Rebelyons se sont classés à la 20e place sur quarante. Ils regrettent juste que leurs matches aient été programmés aussi tôt le matin…

Séduits par leur voyage, ils envisageaient d’organiser un tournoi international à Lyon au printemps prochain. Las, le projet de construction d’un stade pour le LOU sur la Plaine des Jeux des États-Unis a tout remis en cause. Il en va même de la survie du club. «On n’aura bientôt plus de terrain pour s’entraîner. On risque de disparaître», regrette Sébastien Serindat. Ou pire, de retourner au placard…

 

 

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