Fin de saison 2011 - 2012, sous la plume de Pencil

Pencil
Pencil

On a demandé à Pencil (tiens donc !) de faire couler l'encre et nous livrer sa conclusion d'une année chez les Rebelyons, le résultat est inspiré :

 

Quand je regarde en arrière cette année aux Rebelyons et que je pense à ce que ça m’a appris, une chose toute conne me vient à l’esprit : avant, j’aurais pas imaginé qu’il était possible de pleurer parce qu’on avait perdu un match. C’est quand même sacrément con de pleurer pour ça, alors qu’on y va pour se faire plaisir et faire un loisir. Et bien ça, c’était avant mon année avec les Rebelyons et avant mon passage à la Bingham Cup avec l’équipe.
Pour dresser un peu le tableau, j’ai rejoint l’équipe en octobre de cette année. Sans avoir jamais pratiqué de sport collectif, ni de sport régulier, sans connaître les règles du rugby ni avoir jamais regardé un match de rugby en entier. A priori, rien ne me destinait au rugby, ni à la pratique du rugby dans un club gay. Oui, je ne suis pas spécialement militant, et je craignais un côté club de rencontre. Mais bon, les circonstances le permettant, j’ai rejoint le club de rugby gay de Lyon. En fait, pour reprendre ces paroles de grande sagesse de Nourson : « Nous, on est un club de rugby gay. On est pas des PD qui jouent au rugby ». C’est pas clair ? Pour moi si, ça veut dire qu’au-delà du message que l’on porte, on est avant tout des sportifs qui nous définissons en tant que sportifs.
Mais revenons à nos moutons, et à la Bingham Cup (parce que je suis censé parler de ça). Et bien la Bingham, c’est l’accomplissement de toute l’année, mais d’une manière inattendue. La Bingham, c’est 3 jours de jeu, des matchs de 40min, une trentaine d’équipe, à peu près 1000 joueurs du monde entier, une plaine des jeux énormes, un temps … anglais, et des coupes (bien sûr). Pour moi, c’était en plus la découverte du rugby à 15, d’un poste fixe, d’une équipe (on a fait une équipe commune avec les Coqs festifs de Paris et 2 belges des Straffe Ketten), des mêlées, des touches, et des adversaires, comment dire… gros. Autant dire qu’avant le 1er match, je faisais pas le fier, imaginant que j’allais me faire défigurer, casser le dos et la tête, enfin bref que je n’allais pas m’en sortir en entier. En plus, ils avaient pas l’air commode de l’autre côté. Quand le gars en face - que tu sais que tu dois plaquer - il fait 40kg de plus que toi, et bien ça intimide.
Mais une fois le coup d’envoi sifflé, et bien on est dedans. Sur les 3 jours, je me suis fait plaisir à jouer. Surtout à jouer avec le reste de l’équipe. C’est bien une performance collective que l’on a réussi, avec une cohésion, un jeu d’équipe, des stratégies, du développement de phase de jeux. Je ne sais pas si de l’extérieur on était bon, mais de l’intérieur je nous ai trouvé sacrément bon, à repousser les attaques des gros en face.
Et puis il y a eu la finale. Le dernier jour, avec une pluie, un vent et une température qui nous ont rappelé nos entraînements de l’hiver (en pire), avec les 2 jours de courbatures et de petits ou plus gros bobos qui se rappellent à nous. Face aux éléments, face aux autres équipes, on est arrivé en finale. Bon, une finale interne à notre poule, contre l’équipe de Stockholm contre qui l’on avait déjà joué. Mais une finale quand même. Cette finale, on n’en est pas ressorti comme on y est entré. On a vécu pendant ces 40 minutes un grand moment ensemble, un grand moment de sport mais aussi de jeu de groupe, de but commun, de travail d’équipe. Tendu dans un même but, on y croyait à cette victoire. Et bien non. Tant pis, c’est le jeu, les suédois l’ont bien mérité, on est contents pour eux. Mais là, quand même, et bien j’ai compris comment on pouvait pleurer pour avoir perdu un match. Et que par le jeu – même en seulement 3 jours – on crée des liens bien plus forts qu’on en a l’habitude.
Enfin, pourquoi ça m’a plu cette année, c’est qu’une fois le protège dents et le casque enlevé, on redevient des joueurs de rugby. En ce sens qu’on oublie les adversaires, qui a gagné qui a perdu, et on va faire la fête ensemble. La Bingham en particulier, c’était connaître d’autres équipes, mais surtout découvrir les membres de mon équipe. Le rugby a réé des liens au-delà des matchs, et les 3 jours passés ensemble vont créer des souvenirs qui vont aller bien au-delà de la saison.

Bref, à l’année prochaine !

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